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L'apogée de l'empire romain : les Antonins

L’empire Romain est à son apogée. Il domine toute l’Europe et les pourtours de la Méditerranée...

La dynastie des Antonins

Cette période est jugée comme la plus humaine de l’histoire de l’empire.  Les empereurs choisissent leur successeur par le système de l’adoption. Les droits sociaux sont garantis et des instances caritatives apparaissent. Rome compte un million d’habitants, ce qui est gigantesque pour l’époque.

Antonins

 

Nerva  trop vieux

L’empereur Nerva arrive au pouvoir en 96 à l’âge de 65 ans. Il peine à imposer son autorité notamment sur l’armée. La garde prétorienne l’oblige à désigner son successeur. Nerva adopte alors un jeune général ambitieux et populaire, Trajan.

Le 28 janvier 98, Nerva meurt et Trajan lui succède.

 

Conquetes de trajanTrajan le populaire

Sous son règne, l’empire s’agrandit encore de la cité de Pétra, de l’Arménie et de la Mésopotamie.

Il se montre magnanime et est bien perçu par ses citoyens. Trajan vainc les Parthes et les Daces. Le Christianisme commence à se diffuser dans toute l’Europe, en Orient et en Afrique du nord.

Au début du second siècle après JC, on  compte 100 000 chrétiens croyant à la divinité de Jésus. Dans l’empire, on vénère Mithra, divinité venue du proche orient.

Trajan engage de grands travaux de rénovation de Rome. Il meurt le 9 août  117. Son petit neveu, fils adoptif de Trajan, Hadrien lui succède.

 

 

Hadrien  le lettré et pacificateur

A son arrivée au pouvoir, l’empire est à son apogée tentaculaire. Les Romains règnent de l’Ecosse à la Mésopotamie. Empereur humaniste, lettré, poète et philosophe à la réputation pacifique, il rompt avec la politique expansionniste de son prédécesseur, s'attachant à pacifier et à structurer administrativement l'Empire, tout en consolidant des frontières parfois poreuses.

Les Germains refusent de se soumettre aux romains. Stationnés au-delà du Rhin, ils harcèlent continuellement les villages gallo romains. Pourtant 90 000 légionnaires sillonnent la rive gauche du fleuve mais rien n’y fait. En l’an 9, trois légions romaines sont anéanties par les Germains.

Au 1er siècle, sous le règne de l’empereur Domitien (81/96), se construit les premiers Limes (larges murs de pierres et de palissades en bois ornées de tours de guet) servant à bloquer des incursions et à prévenir toute attaque.

L’empereur Hadrien (117/138) interrompt l’expansion de l’empire jugeant qu’elle fragilise sa sécurité. Il fait construire le mur d’Hadrien au nord de l’Angleterre puis renforce les premiers limes séparant ainsi l’empire des barbares.

Il fait édifier des Limes fortifiés (grands murs théoriquement infranchissables).  Le plus célèbre sépare l’Ecosse de l’Angleterre. Il sillonne l’empire durant 10 ans et facilite l’accession à la citoyenneté romaine.

Il réprime sévèrement des révoltes comme celle des juifs en 132.

Il entretient des relations amoureuses avec des femmes mais aussi avec des jeunes hommes.

A l’aube de sa mort, il adopte Antonin qu’il désigne comme successeur puis Marc Aurèle le successeur d’après.

Il meurt le 10 juillet 138 à l’âge de 62 ans.

 

Antonin le Pieux le pacificateur

Originaire de Nîmes, Antonin dit le Pieux règne sur un empire pacifié. Il adopte Marc Aurèle auquel il donne la main de sa fille, Faustine mais il désigne deux successeurs, Marc Aurèle et Lucius Aurelius Verus. Le 7 mars 161, Antonin le Pieux meurt.

 

 

Marc Aurèle l’empereur Philosophe

L’empire est alors gouverné par Marc Aurèle et Verus.  Coempereur, Verus  s’engage dans une campagne militaire contre les Parthes en 163. De retour à Rome en 168, il épouse la fille de Marc Aurèle, Lucille mais se prête à une vie de débauche. Reparti en campagne contre cette fois les Marcomans (peuple germanique), il meurt en 169 peut-être de la peste.

Marc Aurèle devient l’unique empereur.  Il est aussi un grand philosophe de la branche stoïcienne

Le stoïcisme est un courant philosophique occidental en -304 à Athènes, par Zénon. Quelques stoïciens célèbres : Cicéron, Sénèque, Épictète, Marc Aurèle, René Descartes. Le stoïcisme s'appuie sur la distinction centrale entre d'un côté les choses qui dépendent de nous et sur lesquelles nous pouvons agir et d'un autre côté les choses qui ne dépendent pas de nous et sur lesquelles nous n'avons aucune influence. Pour vivre heureux et libre, selon les stoïciens, il ne faut pas lutter en vain contre ce qui ne dépend pas de nous, mais au contraire l'accepter et nous abstenir des vices et passions qui nous y exposent.

À cette fin, le stoïcisme exhorte à la pratique de méditation conduisant à vivre en accord avec la nature grâce à la raison par l’absence de troubles et de passions, conditions de la sagesse et du bonheur.

 

Sa pensée philosophique rejette tout fanatisme et donc les Chrétiens qui vénèrent un Dieu. Plutôt conservateur, Marc Aurèle persécute les chrétiens comme les 47 martyrs de Lyon dont sainte Blandine et l'évêque de Lyon, saint Pothin. Ils sont livrés aux lions dans l'amphithéâtre des Trois Gaules.

Marc Aurèle décède de la peste en 180, son fils Commode lui succède. C’est la fin du régime de l’adoption.

 

Commode l’empereur tyrannique et mégalomaniaque

Après une campagne militaire en Germanie, il retourne à Rome pour asseoir son pouvoir. En 182, Commode échappe à une tentative d’assassinat menée par sa sœur Lucilla et le Préfet du Prétoire.

Une purge est engagée, les complotistes sont assassinés dont Lucilla. Un climat de suspicion s’instaure. Commode règne en tyran mais le peuple ne lui en veut pas. Il descend parfois dans l’arène pour combattre des gladiateurs et des fauves. Il se place au rang d’Hercule et se croit invincible.

Après une tentative d’empoisonnement du Préfet du prétoire, le 31 décembre 192, un esclave qui l’entraine au combat, l’étrangle dans sa baignoire. C’est la fin de la dynastie des Antonins.

 

La dynastie des Sévères

Cette période voit le pouvoir de l’armée prépondérant et une emprise de la culture orientale.

 

Pertinax et Julianus  les empereurs éphémères

Après la mort de Commode, une période trouble s’installe. L’ancien proconsul d’Afrique et Préfet de Rome, Pertinax a les faveurs du Sénat. Les extravagances de Commode ont ruiné le trésor de Rome. Pertinax entame une politique d’économie ce qui déplait à la garde prétorienne. Le 28 mars 193, des soldats déçus de n’avoir pas perçu leur solde enfoncent les portes du palais impérial et tuent Pertinax.

Le consul Didius Julianus est porté au pouvoir par les militaires après des promesses d’augmentation de la solde aux légionnaires. Il devient rapidement impopulaire, le peuple étant attaché au Sénat et refuse l’autoritarisme des Prétoriens. Des généraux installés en province et à la tête de plusieurs légions rejettent l’autorité du nouvel empereur. Le général de Pannonie (Hongrie actuelle), Septime Sévère marche sur Rome avec plusieurs légions. Didius Julianus paniqué tente  de trouver du soutien auprès du Sénat et de la garde prétorienne qu’il a largement soudoyé. Tout est perdu pour lui, ses derniers soutiens le lâchent. Il est arrêté et fait décapiter le 1er juin 193 sur ordre du Sénat.

Septime Sévère arrive à Rome et fait immédiatement exécuter les assassins de Pertinax. Il dissout la garde prétorienne. Il s’ensuit une guerre civile qui va durer  4 ans car les Légats (gouverneurs) de Syrie et de Grande Bretagne lui contestent le pouvoir.

 

Septime  Sévère, l’empereur militaire

En Orient, le Légat de Syrie Pescennius Niger se fait proclamer empereur par ses soldats. Septime Sévère avec plusieurs légions combat Pescennius Niger et parvient à le vaincre en 194. Il est exécuté.

En Grande Bretagne, le Légat Clodius Albinus  à la tête de 3 légions se fiat proclamer empereur et débarque en France avec 40 000 hommes. En 197 près de Lyon, une bataille décisive permet à Septime Sévère d’écraser toute contestation. Clodius se donne la mort. Sévère fait déshabiller son corps et le piétine monté sur son cheval.

L’empereur Septime Sévère procède ensuite à une purge brutale. Il fait assassiner 5 000 partisans de Clodius autour de Lyon. Il ordonne ensuite à ses légionnaires de piller la ville de Lyon. Des milliers d’habitants et de chrétiens sont massacrés.

Au pouvoir, Sévère se proclame fils adoptif de Marc Aurèle et affirme le caractère dynastique du pouvoir impérial en nommant ses deux fils comme successeurs Caracalla et Geta. Il entend redorer le prestige de l’empire et donne un caractère divin à l’empereur. Le Séant est mis de côté au profit de l’armée. La garde Prétorienne est restaurée mais entièrement gérée par des soutiens à l’empereur.

En 208, il emmène ses deux fils dans une campagne militaire en Grande Bretagne contre les Calédoniens. La Calédonie représente le territoire écossais au-delà du mur d’Hadrien. Les batailles sont dures et sans réels vainqueurs. L’empereur fait consolider le mur d’Hadrien sur 130 kms. Il meurt  de maladie prés de la future cité de York le 4 février 211 à l’âge de 65 ans.

Ses deux fils Caracalla et Geta deviennent coempereur. Ils se détestent. De retour de Grande Bretagne, à Rome, au domicile de leur mère, des partisans de Caracalla saisissent son jeune frère Geta et le poignarde dans les bras de sa mère le 26 décembre 211.  Caracalla règne seul.

 

Caracalla, l’empereur tyrannique

CaracallaIl fait effacer toute trace de son frère et interdit qu’on le pleure. Caracalla n’a eu de cesse que de massacrer les partisans de son frère Geta comme à Alexandrie où il fait massacrer près de 15 000 individus. Il accompagne très souvent ses armées notamment en guerre contre les Germains.

Il fait fusionner les religions romaine et orientale.

En 212, il proclame l’édit de Caracalla qui donne la citoyenneté romaine  à tous les hommes libres habitants l’empire. L’objectif est de renflouer l’armée romaine et de moderniser l’administration. L’empire connait à cette époque une dénatalité forte des citoyens romains.  Il impose la terreur avec l’appui de l’armée.

En 216, en campagne contre les Parthes, pour parvenir à la paix, il décide d’épouser la fille du roi des Parthes, Artaban V, dernier roi des  Arsacides. Il accepte et les noces ont lieu. L’armée de l’empereur est présente et ses meilleurs soldats assistent au banquet. Soudain, Caracalla ordonne le massacre. Les soldats romains se ruent sur les invités et les tuent. Le roi Artaban parvient miraculeusement à s’échapper.

L’empereur est connu pour avoir construit les fameux thermes de Caracalla à Rome. Il se comporte à la fin de  son règne en véritable tyran. Le peuple le déteste mais grâce à l’armée, l’ordre est maintenu. Le 8 avril 217, une conjuration du Préfet du Prétoire Macrin parvient à faire assassiner Caracalla lors d’une campagne en Orient par un officier de la garde Prétorienne, Martialis.

 

Macrin, l’empereur Maure

D’origine Maurétanienne, Macrin est proclamé empereur. Il fait partie de l’ordre équestre, sorte de chevaliers élites commandant les armées de cavaliers. Ils sont choisis par des magistrats romains pour leur honorabilité et leur fortune.

Il offre une collaboration avec le Sénat et honore la mémoire de Caracalla pour atténuer les soupçons. L’armée par contre lui en veut de revenir sur des acquis donnés par l’ancien empereur.

La famille de Caracalla installée en Syrie conteste le nouvel empereur et soulève plusieurs légions. Les deux armées s’affrontent près d’Antioche. Macrin est battu et assassiné quelques jours plus tard en juin 218.

Le petit cousin de Caracalla, Héliogabale devient le nouvel empereur.

 

Héliogabale, l’empereur impopulaire

En réalité c’est plutôt sa mère qui va régner, le jeune empereur étant incapable de gouverner par son extravagance et sa puérilité. Il n’a que 15 ans en 218. Sa mère Julia Mamaea veut même assister aux séances du sénat rendant fou furieux les Sénateurs. En effet, à l’époque romaine, les femmes tiennent un second rang dans la vie politique comme dans la vie sociale. La société romaine est une société patriarcale extrêmement rigide et conservatrice.

L’empereur veut imposer un culte unique, le Dieu solaire, comme Aménophis IV,  2 000 auparavant. Les religieux conservateurs sont furieux. Il est l’un des seuls empereurs à avoir été indulgents avec les Chrétiens déjà très présents en Syrie.

Héliogabale perd peu à peu la confiance de l’armée et du peuple. En juillet 221, voulant redorer son blason, il adopte son cousin Sévère Alexandre qui n’a que 13 ans. Ce jeune homme est plus posé et plus populaire.

Seulement quelques mois après, Héliogabale veut revenir sur sa décision et tente de faire assassiner son jeune cousin. La garde prétorienne plus proche de Sévère Alexandre ne soutient plus l’empereur. Le 11 mars 222, une foule furieuse pénètre le palais sans résistance, elle saisit l’empereur et le tue.  Son corps est trainé dans la rue puis jeté dans les égouts sauf qu’il ne passe pas. Il le jette alors dans le Tibre.

Quelques  jours plus tard, dans une Rome encore trouble, une émeute contre les Chrétiens provoque des centaines de morts. L’évêque de Rome Calixte est massacré.

 

Sévère Alexandre, l’empereur faible

Le nouvel empereur reste sous influence de sa mère et de sa grand-mère. Il redonne un rôle important au Sénat et s’entoure de hauts conseillers civils.  Il lance une politique d’urbanisation et de reconstruction.

L’armée n’apprécie pas le retour des civils au pouvoir. Elle le fait savoir violemment en tuant le Préfet du Prétoire Ulpien sous les yeux de l’empereur en 223.

En 224, Les Sassanides renversent les Arsacides, leur pouvoir s’étend jusqu’aux confins de l’Inde. C’est l’âge d’or de la nouvelle Perse sur le plan politique, artistique et religieux.

En 231, l’empereur lance une grande campagne militaire en Mésopotamie contre les Parthes Sassanides. Il revient à Rome sans avoir réellement maintenu l’ordre. En 234, il mène une campagne contre les Germains mais au lieu de porter le glaive il préfère acheter la paix ce qui révolte les militaires.

Jugé trop faible, les militaires l’assassinent le 19 mars 235 ainsi que sa mère et proclame le général Maximin comme empereur.

La dynastie des Sévères prend fin. Une période d’anarchie va durer jusqu’en 253.

 

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