CHRONISTOVISION MONDIAL

La grande peste noire et les Jacqueries

La guerre entre Anglais et Français s’interrompt durant l’extension d’une pandémie qui va ravager l’Europe. De 1347 à 1352, la peste noire tue entre 25 et 40 millions européens.

Juste après la grande peste, dans les provinces et à Paris, des révoltes ébranlent les pouvoirs politiques. La France est au bord du chaos.

 

 

La grande peste

La peste noireLa population a doublé après 3 siècles de progrès, l'Europe compte 86 millions d'individus.

Appelée aussi peste bubonique, elle apparait tout d’abord en Chine où cette pandémie sévit déjà depuis longtemps. Elle se répand en Asie centrale avec les invasions mongoles. En  1347, Des Tatars en guerre contre des Génois installés en Crimée catapultent des cadavres infectés au dessus des remparts du comptoir de Caffa.  Des marchands italiens parviennent à s’enfuir et voguent à bord de leurs bateaux la ville de Marseille en novembre 1347 en emportant le virus de la peste.

La peste se répand alors dans toute l'Europe à grande vitesse. Le sud de la France est infecté. C’est la panique. Elle avait déjà ravagée l’empire Romain, puis l’empire d’Orient de Justinien et La France Mérovingienne. Elle est de retour et plus forte que jamais.

En France, près d’une personne sur trois en meurt. On compte 45 000 morts à Lyon, 80 000 morts à Paris, 500 morts par jour. Toutes sortes de remèdes sont utilisés, soupe de choux, bave de crapaud, saignées, laxatifs, des processions religieuses appellent à l’indulgence de Dieu.  Certains se vêtissent de la tête au pied d’habits de cuir et portent des masques avec un filtre de respiration. C’est plutôt efficace comme ceux qui s’imbibent d’alcool, même si à l’époque ils ne savent pas que c’est la puce qui inocule le virus. Leur piqure provoque des bubons noirs et des douleurs intestinales fortes. La peste est mortelle dans 80% des cas.

En attendant, les gens se barricadent, des monceaux de cadavres sont jeter dans des fosses recouvertes de chaux vives. De nombreux citadins fuient vers les campagnes encore épargnés mais très souvent les contaminent.

Considérée comme une punition de Dieu, à partir de 1348, il faut trouver les coupables. Les Juifs jugés déicides, sont tout désignés et accusés de contaminer les fontaines et les puits. On les envoie au bûcher à Carcassonne et à Narbonne. En Alsace, plus de 3 000 d’entre eux sont brûlés en public. On les jette dans les fleuves, l’extermination des juifs devient le mot d’ordre. 

En 1349, une grande famine succède à l’inexploitation des terres. LA fin du monde semble très proche.

Pourtant, peu à peu, elle semble s'affaiblir malgré quelques résurgences fortes durant une cinquantaine d'années. Elle a touché principalement les vieillards, les enfants et les personnes les plus fragiles et ceux vivants dans des conditions insalubres.

Il faut tout de même attendre le 18ème  siècle pour qu'elle disparaisse complètement.

Suite à cette dévastation, des revendications sociales apparaissent, les paysans et artisans demandent plus de salaires et de meilleures conditions de vie. De nombreuses migrations ont lieu, des villages sont abandonnés, les communautés villageoises sont profondément affaiblies comme le pouvoir féodal.

 

Jean 2 le bonJean II dit le Bon capturé à Poitiers en 1356

Le trône de France est très convoité et la succession de Philippe VI de Valois à Jean Le Bon n’est pas approuvé par le roi d’Angleterre Edouard III de la lignée Plantagenet et aussi de Charles de Navarre petit fils de Louis X le Hutin.

Le connétable de France (chef des armées), Raoul de Brienne II est capturé par les Anglais lors de la bataille de Caen en 1346. Il est libéré en automne 1350 mais le nouveau roi de France se méfie de lui. Soupçonné de trahison, il est décapité en novembre 1350.

Le roi de France, Jean II se lie d’amitié ou plus avec son cousin Charles de Cerda devenu le nouveau connétable de France. Le 8 janvier 1354, Charles de Cerda est fait assassiner par Charles de Navarre dit le mauvais. Jean II souhaite en apparence pacifier la situation est invite à un banquer Charles de Navarre et plusieurs de ses compagnons le 5 avril 1356. A l’issu du banquer, le roi de France fait arrêter son rival et fait décapiter ses compagnons le soir même. En réaction toute la Navarre passe du côté Anglais.

Dans le même temps, Edouard III demande à son fils, le Prince Noir de mener les batailles dans le sud ouest de la France contre les soldats Français. Habillé d’une armure noire, le prince anglais pille, massacre et ravage les provinces du Languedoc et à la Touraine.

Jean Le Bon veut en finir avec ses pillages. Il engage une armée qui fait face aux anglais le 18 septembre 1356. La bataille débute le lendemain.

20 000 français affrontent 10 000 anglais et Gascons et pourtant ce sont ces derniers qui l’emportent. Les archers anglais déciment la cavalerie française comme à Crécy. Jean II se lance dans la bataille mais après plusieurs actes de bravoures, il se retrouve encerclé puis capturé. En 1357, le roi de France est emmené à Londres où il est bien traité. Une  énorme rançon est demandée pour sa libération.

Pendant ce temps, à Paris, une révolte de bourgeois menace  le reste du pouvoir royal.

 

Jacquerie2Le soulèvement d’Etienne Marcel et les Jacqueries

Après le désastre de Poitiers, le fils de Jean II, Charles prend le pouvoir.  Il décide de réunir les Etats généraux des pays de langue d’oil (moitié nord de la France). Les provinces de langue d’oc sont occupés par les anglais et les Gascons.

Etienne Marcel, représentant de la bourgeoisie et prévôt des marchands parvient par sa fougue à convaincre l’assemblée qu’il peut et doit conseiller le dauphin à la place des conseillers qui ont mené la France au désastre. 

Le dauphin Charles signe une ordonnance le 3 mars 1357 qui donne à Etienne Marcel et ses partisans d’accéder au pouvoir exécutif.

Le 9 novembre 1357, Charles le mauvais sort de sa prison de Château Gaillard sous la pression de ses partisans. Il s’installe à Paris et complote contre le Dauphin comme Etienne Marcel, tous les deux veulent renverser le Dauphin.

Le 22 février 1358, Etienne Marcel tente le coup de force. Il engage 3 000 mercenaires en arme qui bloque le château du Louvres. Il pénètre avec ses hommes dans le palais, fait tuer deux conseillers du roi et coiffe ce dernier d’un bonnet rouge et bleu au couleur de Paris. Etienne Marcel se désigne roi de Paris. Dans les heures qui suivent, le Dauphin prend la fuite.

Dans les provinces, des Jacqueries sont fréquentes. La France est en proie à des révoltes paysannes contre le prix trop bas du blé mais aussi contre l’insécurité. Dans cette anarchie, de nombreux soldats français sont devenus des brigands et voleurs. Ils pillent les villages et assassinent leurs habitants.

Etienne Marcel s’allie d’abord aux représentants des paysans en révolte mais s’en sépare car leurs demandent sont contre ses intérêts. En effet, les paysans revendiquent plus de social et la fin des seigneuries. Des cEtienne marcelhâteaux dans les provinces sont pris  par les révoltés qui massacrent parfois les seigneurs et sa famille.

Les Jacqueries menacent le royaume. Les nobles normands encore très puissants demandent  à Charles de Navarre dit le mauvais d’intervenir. Ce dernier convie l’un des chefs de la Jacquerie, Guillaume Carle à négocier. Fidèle à sa réputation, Charles le Mauvais le fait emprisonner et décapiter le 13 juin 1358. La répression contre les paysans est violente. 15 000 d’entre eux sont exécutés.

Fin juin 1358, le roi Dauphin, Charles a réussi à soulever une armée et assiège Paris. Une négociation a lieu entre Le Dauphin, Charles le mauvais et Etienne Marcel. Le premier promet de ne pas se venger et de laisser la vie sauve aux parisiens et aux rebelles s’il reprend le pouvoir.

Etienne Marcel sent que le pouvoir lui échappe et veut laisser entrer dans Paris des troupes anglaises et Gasconnes. Charles Mauvais prendra le trône et Etienne Marcel deviendra son principal conseiller. Le plan est prêt et au petit matin du 31 juillet 1358, Etienne Marcel se place près des portes quand Jean Maillard, un grand bourgeois de Paris refuse ce plan et crie à la trahison. Les parisiens n’accepteront pas la présence de soldats anglais dans les murs de Paris.  Jean Maillard et plusieurs de ses partisans combattent et tuent Etienne Marcel.

Le Dauphin entre dans Paris et récupère le trône de France et déclare une amnistie. L’accueil des Parisiens est chaleureux. Les habitants étaient lassés de cette anarchie.

Afin de prévenir toute invasion étrangère et calmer les velléités des parisiens, on fera construire en 1370, la bastille à l’emplacement où Etienne Marcel a été tué.

 

2eme partie la guerre de cent ans 1356 1380Le traité de paix de Brétigny le 8 mai 1360

Edouard III veut toujours récupéré la couronne de France en tant que petit fils de Philippe le Bel. Il débarque le 28 octobre 1359 avec une armée et file à Reims pour être couronné roi de France. Le Dauphin Charles demande à ses partisans de faire une politique de terre brulée. Edouard change d’idée et fait le siège de Paris. Sans provision, son armée commence à être fatiguée. Avant toute rébellion, Edouard III se retire et part en direction de Chartres et entame des négociations avec le Dauphin.

La paix est signée à Brétigny le 8 mai 1360. Edouard III se contente de l’Aquitaine et renonce au trône de France. Le roi de France Jean le Bon est libéré contre une énorme rançon payée sur 5 ans.

La guerre de cent ans entre dans une période d’accalmie puis de reconquête française.