CHRONISTOVISION MONDIAL

D’Hugues Capet à Guillaume le Conquérant

Le 10ème  siècle est sombre et marqué par des prédictions de fin du monde des millénaristes. A contrario, le 11ème siècle voit une renaissance des pensées. L’espérance renait. De grands travaux sont entrepris, des Eglises se construisent. C’est le début de l’art Roman. Des édifices en pierre remplacent des vieilles bâtisses construites souvent en bois.

La dynastie carolingienne va s’éteindre remplacée par la lignée capétienne. Un des descendants du viking Rollon entreprend d’envahir l’Angleterre.

 

L’essor du monachisme avec l’abbaye de Cluny

La féodalité l’emporte sur la monarchie. Dans les provinces, des seigneurs règnent avec  parfois de la violence, de la cruauté. La condition humaine de l’époque est bafouée,  des ordres nouveaux apparaissent pour fuir les turpitudes de la vie. Le monachisme est pour certain une espérance dans un monde meilleur. La vocation est incitée par des pèlerinages comme celui de Saint Jacques de Compostelle en 950.

 Le domaine de Cluny est cédé à l’évêque de Macon par Charlemagne. Ensuite, Guillaume le Pieux duc d’Aquitaine en prend possession puis en fait don à l’abbé Bernon de Beaune. Il s’installe avec 6 moines de l’ordre de Saint Benoit dans le monastère. En 910, il fait construire une abbaye qui s’agrandit au fil du temps. L’ordre de Saint Benoit fondé au 6ème siècle incite les moines à travailler en communauté.  L’organisation quotidienne est très stricte en travail, médiation, prières et lecture des textes bibliques. Le site devient un centre de grande richesse et d’une influence considérable en Europe.

A partir du 11ème siècle, l’abbaye de Cluny accueille plusieurs milliers de moines et en héberge près de 400. L’architecture est très innovante, l’abbaye fait plus de 171 mètres de long.  L’art Roman est utilisé dans la construction des églises. Deux siècles plus tard, au 13ème siècle, l’art Gothique le remplacera.

Au 12ème siècle, l’abbaye de Cluny initie tout un réseau de monastère  à travers la France, Chartreuse en 1084, Cîteaux en 1098,  Fontevraud en 1100.

L’abbaye de Cîteaux est fondée en 1098 par Robert de Molesne en opposition avec l’évolution de Cluny qui s’enrichit de plus en plus. Les Cisterciens luttent contre le luxe et les dérives  de l’Eglise catholique et le retour à la vie de Jésus, le travail, la chasteté et la pauvreté. Pourtant, au fil du temps, les Cisterciens se dédient aux activités de copistes et certains d’entre eux deviennent conseillers de princes et des rois. Les monastères cisterciens acceptent la dîme (officiellement appliquée aux fidèles en 567, elle se généralise en 779, les paysans donnent un dixième de leur récolte et les artisans un dixième de leur production).

Le 22 avril 1073, Grégoire VII devient pape. Il veut affirmer l’indépendance de l’Eglise face à la monarchie et à la noblesse, notamment sur la nomination des évêques et des prêtres. La réforme grégorienne impose le célibat des prêtres et la fin de la simonie (vente d’un sacrement ou d’une charge ecclésiastique). Elle renforce enfin l’autorité du pape qui s’appuie sur les nouveaux ordres pour diffuser ces principes.

En 1088, un nouveau pape issu de Cluny est désigné, Urbain II. Plus de 1200 monastères clunisiens sont disséminés dans toute l’Europe.

Plus tard, au 13ème siècle apparait de nouveaux ordres reposant sur une pauvreté absolue et sur la contemplation. Les ordres mendiants se propagent comme le monastère féminin de Prouilles prés de Toulouse en 1206, en 1210, les moines  mineurs comme les Franciscains, les moines prêcheurs comme les Dominicains en 1216.

 

Raoul, roi de France désigné par l’aristocratie.

Depuis le 30 juin 922 et l’évincement de Charles III dit le simple du trône de France par les grands du royaume, la dynastie carolingienne vacille. Robert 1er de la dynastie des Robertiens lui succède puis Raoul après la mort de Robert à la bataille de Soissons en juin 923. Hugues le Grand fils de Robert 1er a refusé le trône par crainte de perdre ses terres.

Le 13 juillet 923, Raoul désigné par la noblesse est sacré à l’abbaye de Soissons.

En 925, les fougueux Normands installés en Normandie, deviennent hostiles et commencent à ravager les campagnes de la Francie occidentale. Raoul monte une grande armée et parvient mater les hommes du nord. En 930, le duc de Normandie, Rollon meurt et laisse sa place à son fils, Guillaume longue épée. Raoul obtient son allégeance en échange du Cotentin. En 935, Raoul parvient à repousser temporairement les Magyars pénétrés en Bourgogne et en Champagne.

Le 15 janvier 936, le roi Raoul meurt de maladie à Auxerre. N’ayant pas d’héritier en âge de lui succéder, on va chercher un carolingien, Louis IV d’outremer, fils de Charles III le Simple et neveu du roi de Wessex, Athelstan considéré comme le premier roi d’Angleterre.

Athelstan est le petit fils d’Alfred le grand, fils lui même d’Athelwulf et petit fils du roi Egbert.

 

Louis IV et le renouveau Carolingien.

Louis IV dit d’outremer car il s’est réfugié avec sa mère en Angleterre lors de la chute de son père Charles III. Hugues le Grand, prince de Neustrie et fils de robert 1er aurait pu prendre le trône mais préfère désigner Louis IV encore jeune, il n’a que 15 ans. Hugues le Grand père du futur Hugues Capet devient alors le régent du royaume. Le 25 juillet  936, le roi accorde le titre de Duc des Francs à Hugues le Grand, c'est-à-dire second après le roi, lui donnant ainsi la primauté sur les autres grands du royaume. 

Pourtant au fil du temps, le jeune roi veut s’émanciper de la tutelle du Duc des Francs. Les Robertiens sont puissants dans le royaume, ce qui exaspère le jeune roi. En 940, Louis IV soulève une armée pour mater l’influence d’Hugues le Grand mais ce dernier s’allie au duc de Normandie et bat l’armée royale à Reims. En 945, le roi de la Francie est capturé par des Normands puis relâché contre la ville de Laon.

L’hégémonie d’Hugues le  Grand sur la Francie occidentale exaspère l’empereur Otton 1er  de la Francie Orientale.  En 946, Otton Ier et Conrad III de Bourgogne lèvent une armée qui s’allie à Louis IV contre Hugues le Grand. En 947, Hugues le Grand est excommunié et pourtant, ses soldats dévastent toujours des régions entières sans que le roi de France réagisse.

A partir de 949, le roi reprend des territoires mais vers 951, il tombe gravement malade puis meurt le 10 décembre 954 de tuberculose. Son fils Lothaire lui succède.

 

Lothaire et Louis V les derniers rois carolingiens.

Il gouverne avec l’influence forte d’Hugues le Grand jusqu’à la mort de ce dernier en 956.

En 977, des conflits apparaissent entre Lothaire et l’empereur de Germanie Otton II pour des histoires d’héritage et de succession de Comté. En août 978, les deux fils d’Hugues le Grand s’allient au roi de France contre Otton II. Aix la Chapelle est prise. En représailles, Otton II ravage les régions de Reims, Soissons et Laon. Lothaire fuit à Paris poursuivi par les troupes d’Otton II.

Le 30 novembre 978, L’armée d’Hugues Capet fait face à l’armée germanique qui préfère rebrousser chemin. En 979, Lothaire désigne comme successeur son fils Louis V.

En 980, Lothaire tente un rapprochement avec Otton II contre la défiance des Robertiens. En 984, lorsqu’Otton II meurt, son fils Otton III pense lui succéder sauf que le roi de Bavière Henri le Querelleur lui conteste le titre. Lothaire a des vues sur la Lotharingie. Il s’allie dans un premier avec Henri le Querelleur puis avec Otton III.

En définitive, en 985, il conquiert seul la Lotharingie. Le 2 mars 986, il meurt subitement. Son fils Louis V  dit le Fainéant lui succède.

Louis V est le dernier roi carolingien. Le 21 mai 987, il meurt subitement d’une chute de cheval lors d’une chasse. Sans héritier, les grands du royaume se réunissent et choisissent Hugues Capet nouveau roi de France  le 3 juin 987.

 

En 987, Hugues Capet en finit avec la dynastie carolingienne.

Après la mort de Louis V, l’archevêque de Reims réunit les grands du royaume   pour désigner un nouveau roi. L’oncle du défunt roi, Charles de Lorraine est écarté au profit du Robertien, Hugues Capet, fils d’Hugues le Grand. On doit le surnom « le Capet » en raison d’une cape de Saint Martin de Tours que porte le roi.

La France est à cette époque en plein féodalité. 90% du territoire est détenu par la noblesse et le roi de France ne règne que sur une petite partie de la France.

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Le 3 juillet 987, Hugues Capet est sacré dans la cathédrale de Noyon. Son fils Robert est sacré successeur du roi le 25 décembre 987 à Orléans. Une nouvelle dynastie s’installe à la tête de la France.

En 990, le comte de Rennes, Conan le Tort prend la ville de Nantes avec son armée sans résistance.

Le Comte d’Anjou, Foulques Nerra est furieux et craint qu’une coalition entre Conan, le comte de Blois et de Chartres prennent en mâchoire son Comté. Hugues Capet demande à Foulques Nerra d’intervenir et de chasser cet usurpateur.  La bataille  a lieu le 27 juin 992 dans la commune de Conquereuil entre Rennes et Nantes. La bataille est brutale, de nombreux morts jonchent le sol quand Conan est tué. Les Bretons sont vaincus.

Le 24 octobre 996, le roi de France meurt de la variole. Son fils, Robert II dit le Pieux lui succède.

 

 

Robert dit le Pieux, pas si pieux que çà.

Allié avec le duché de Normandie et le Comté d’Anjou, Robert parvient à reconquérir le duché de la Bourgogne en 1003.  On dit de lui qu’il est chaste et très pieux comme son surnom en témoigne. Pourtant, Robert connait des déboires conjugaux très nombreux. En 992, il répudie sa femme Suzanne bien plus âgée que lui et en 996, il s’éprend de Berthe de Bourgogne. Il veut l’épouser  mais l’Eglise refuse en raison d’un cousinage entre les deux amants. Des évêques complaisants procèdent toutefois  à leur mariage mais le Pape Sylvestre II condamne cette union et leur inflige 7 années de pénitences.

En 1003, il repousse Berthe et épouse une jeune femme âgée de 17 ans, Constance d’Arles.

En 1022, il met fin à une hérésie près d’Orléans. Quelques paysans rejettent les  sacrements de l’Eglise. Soupçonnés d’être des adeptes de Satan, ils sont rapidement arrêtés puis condamnés au bucher. C’est le début d’une longue série de massacres repris deux siècles plus tard par l’Inquisition.

Le 20 juillet 1031, Robert meurt de maladie. Henri 1er son fils, lui succède.

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Vers l’an mille, le niveau de la mer redescend. Au sud de la Vendée et de Niort, le marais poitevin prend forme. De nombreux villages se fondent sur les anciens  ilots avec la construction d’abbayes comme à Maillezais et à Nieul sur l’Autize. De nombreux travaux d’aménagement sont entrepris sous la conduite des moins bénédictins, les seigneurs ne voyant aucun avenir à ces terres marécageuses. Ces travaux se poursuivront jusqu’au 16ème siècle stoppés par les guerres de religion. Tous ces hommes et femmes ont créé le marais séché.

 

Henri 1er le batailleur

Henri avait le 27 mais 1027 déjà été sacré roi de France en attendant la mort de son père. En 1035, il devient le tuteur du futur Guillaume de Normandie.

En 1047, Robert le Magnifique, le père de Guillaume de Normandie meurt en Terre Sainte. Les seigneurs de Normandie contestent l’accession  de Guillaume au Duché de Normandie. Les troupes royales matent la rébellion  et Guillaume prend le Duché de Normandie. Pourtant, ils s’opposent très rapidement, le jeune Guillaume est ambitieux ce qui inquiète le roi de France. La  guerre est déclarée et Guillaume bat l’armée royale en 1054 et en 1058.

Henri est un piètre stratège, il perd la Bourgogne.

Le 19 mai 1051, il épouse Anne de Kiev, fille du grand duc de Russie Iaroslav le Sage.

Voyant la fin arrivée, Henri veut assurer sa succession en faisant couronner  l’ainé de ses fils Philippe le 23 mai 1959 âgé de 7 ans.

Le 4 août 1060, Henri 1er meurt, Philippe 1er lui succède. Jusqu’à 1967, c’est sa mère, son oncle, le comte de Flandre Baudouin V  et l’archevêque de Reims qui assure la régence.

Philippe agrandit son domaine royal en payant ou par la force. Il développe l’administration et vend les charges ecclésiastiques pour s’approprier des richesses  provoquant les foudres des réformateurs grégoriens.

 

En 1066, la conquête de l’Angleterre par Guillaume de Normandie

En 1042, le roi du Danemark et d’Angleterre, Hardeknud ou Knud III meurt sans descendance. Godwin seigneur de Wessex et chef de fil de la noblesse anglo-saxonne rappelle de son exil normand le fils d’Ethelred II, Edouard le Confesseur au trône. Ce dernier s’entoure de conseillers Normands et cela déplait à la cour anglo-saxonne. Il se marie avec la fille de Godwin mais n’a aucune descendance. Suite à la mort d’Edouard le confesseur, roi anglo-saxon d’Angleterre, une guerre de succession débute. Le souverain de Norvège, Harold duc anglo-saxon et Guillaume duc de Normandie convoitent la couronne. Edouard le confesseur désigne pour lui succéder le Duc de Normandie Guillaume.

Dans le même temps, la noblesse anglo-saxonne lui préfère Harold fils de Godwin. Edouard le Confesseur sur son lit mort désigne Harold comme successeur.

 Le 5 janvier 1066, Harold II se proclame roi d’Angleterre parjurant une promesse qu’il aurait faite à Guillaume dans la crypte de la cathédrale de Bayeux, celle de ne pas prendre le trône d’Angleterre.

Guillaume Furieux entreprend d’envahir l’Angleterre pour chasser Harold du trône. Durant la construction des navires, la comète de Haley passe dans le ciel annonçant un présage de catastrophe. Les Normands sont pessimistes, les déserteurs se multiplient. Guillaume attend que le vent soit favorable et que l’armée d’Harold parte au nord de l’Angleterre repousser une invasion des Norvégiens.

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Le 25 septembre 1066, Harold II combat victorieusement les Norvégiens venus prendre le trône d’Angleterre. Le 28 septembre, Guillaume et ses 10 000 soldats traversent la manche sur un millier de bateaux et débarque dans le Sussex. Harold avec son armée sont parvenus à marche forcée à stopper l’avancée de l’armée normande. Les deux armées se rencontrent à Hastings le 14 octobre 1066. Harold est tué par une flèche normande. L’armée anglaise est en fuite.

Guillaume le Conquérant parvient à renverser la dynastie anglo-saxonne après la bataille d'Hastings le 14 octobre 1066 où Harold est tué (dernier roi anglo-saxon). Cette bataille est représentée sur la tapisserie de Bayeux.

 

Philippe 1er roi de France excommunié.

Le roi de France, Philippe 1er  n’accepte pas que son vassal Guillaume de Normandie s’approprie le trône d’Angleterre. La menace anglo-normande l’inquiète.  Ils entrent en conflit. En 1076, l’armée royale de Philippe bat les Normands près de Dol de Bretagne.

En 1078, Le roi de France s’allie avec le fils ainé de Guillaume, Robert Courtecuisse en froid avec son père. Robert obtient le Duché de Normandie en 1979.

Mathilde, épouse et confidente de Guillaume le Conquérant meurt en 1083. Guillaume est accablé par la peine. Il grossit et devient obèse. Il meurt en 1087.

Son fils Guillaume II le Roux lui succède et dispute sans succès le duché de Normandie à son frère Robert qui convoite aussi le trône d’Angleterre mais il ne parviendra pas à destituer son jeune frère.

Le 27 mai 1092, Philippe épouse Bertrade de Montfort, la femme de Foulque le Comte d’Anjou après avoir répudié Berthe de Hollande. L’Eglise de France n’accepte pas cette union car le mariage avec Foulque n’est pas annulé, c’est donc une situation officielle d’adultère.  Le Pape Urbain II excommunie le roi de France le 16 octobre 1094.

Après 10 ans de vie commune, Philippe convoque un concile pour régler cette affaire. La sentence d’excommunication est levée le 1er décembre 1104. Le prêcheur Robert d’Arbrissel s’entretient avec la reine et la convainc de renoncer au mariage. Bertrade quitte la cour  et se rend aux confins de l'Anjou et de la Touraine, dans un village de huttes autour d'une source nommée la fontaine d'Evrault. Ce village, fondé par Robert d'Arbrissel pour accueillir des pénitents, gagne sa popularité avec l'aide de son fils et d'une fille de son premier mari, Ermengarde d'Anjou, et devient par la suite l'abbaye de Fontevraud.

Après une réconciliation avec le nouveau Pape Pascal II, Philippe 1er s’éteint le 29 juillet 1108 après 48 ans de règne. Son fils Louis VI dit le Gros lui succède.

 

Les débuts de l’esprit de chevalerie.

Depuis plusieurs siècles, les guerres entre seigneurs ravagent les campagnes, des soldats massacrent des pèlerins. L’Eglise veut ramener de l’ordre.

En 989, à l’initiative de l’Archevêque de Bordeaux, le concile de Charroux interdit au chevaliers d’attaquer des Eglises et des cimetières mais aussi des personnes vulnérables (pèlerins, paysans, marchands). Les contrevenants sont menacés d’amendes voire d’excommunication.

En 1041, le concile d’Arles exclut les batailles le dimanche et durant les périodes de Carême et de l’Avent, c’est la trêve de Dieu. L’Eglise entend encadrer la chevalerie. L’adoubement d’un écuyer en chevalier obéit désormais à des rites religieux (serment sur la bible et sur des reliques).

A partir du 11ème siècle, l’élection du pape passe par le vote des cardinaux réunis en conclave. L’intervention des rois en est donc désormais exclut.

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