Après des siècles de persécutions, à la fin du 19ème siècle, Thomas Herzl lance les fondements d’un Etat juif. La création de l’Etat juif en Palestine en 1948 va créer des tensions avec les palestiniens et les pays musulmans jusqu’à nos jours entre guerres, terrorisme et soulèvements populaires.
La Palestine comme terre promise
Jérusalem est la ville sainte par excellence. Elle représente pour les 3 religions monothéistes, Juive, Chrétienté et Islam, la ville sainte.
Selon la Bible, Moïse guide au 13ème siècle avant JC, le peuple hébreu depuis l'Egypte jusqu'à la terre promise, Israël.
Vers l'an 1000 avant JC, le roi juif David rassemble toutes les tribus juives pour unifier le premier royaume juif. Salomon fera édifier le premier temple juif à Jérusalem.
Ce temple sera détruit par Nabuchodonosor II, roi babylonien en -587.
Les juifs édifieront un nouveau temple qui sera détruit par les romains menés par le Général Titus en 69 après JC. De cet édifice demeure aujourd'hui le mur des lamentations. Après le massacre des romains, les juifs se disperseront en une multitude de communauté en Europe, Afrique du nord et Proche Orient, c'est le début de la diaspora.
Pour les Chrétiens, Jérusalem est la ville ou se trouve le tombeau du Christ, le Saint Sépulcre.
Pour les musulmans, Jérusalem est la 3ème ville sainte après la Mecque et Médine. Le voyage nocturne du prophète Mohamed (rencontre avec dieu)a eu lieu à Jérusalem. Le dôme du rocher et la mosquée Al-Aqsa marque cet épisode.
Les trois lieux sont très proches dans la ville de Jérusalem, ce qui accentue les rivalités.
A partir du 7ème siècle et jusqu'à 1918, la ville sainte est aux mains des musulmans sauf entre 1099 et 1187, période de reconquête des croisés chrétiens.
Durant cette période, les communautés juives et chrétiennes vivant en Palestine bénéficie d'une protection des puissances musulmanes contre un impôt. La coexistence est apaisée.
Au 19ème siècle, c'est l'essor du sionisme.
Le sionisme
A la fin du 19ème siècle, des théoriciens juifs se fondent sur des mentions de la bible pour lancer l'idée d'une terre rassemblant de nouveau tous les juifs du monde. A l’époque, le nationalisme devient l’idéologie majeure dans l’ensemble des peuples européens et parallèlement l’antisémitisme. Il faut un Etat pour protéger les juifs, ils ne seront plus les boucs émissaires de tous les maux de la société.
Théodore Herzl né en 1860 en est l'un des précurseurs. En 1896, il souhaite que cette terre soit la Palestine mais il imagine aussi que l'Argentine pourrait être un substitut. L’Ouganda ou L’Angola sont aussi cités. Les juifs orthodoxes sont en grande majorité opposés.
A la fin du 19ème siècle, des premières migrations de juifs ont lieu vers la Palestine, souvent pour échapper aux pogroms qui sont fréquents en Russie et en Europe centrale. Des mouvements de résistance naissent en Russie comme celui des « amants de Sion » fondé en 1881 en faveur du sionisme.
Avec le nombre croissant de persécutions contre les juifs, le sionisme commence à convaincre de nombreux juifs. Thomas Herzl meurt en 1904, un an avant le 7ème congrès international sioniste qui décide que la Palestine est choisie comme terre fondatrice de l’Etat d’Israël.
En 1917, la déclaration Balfour de 1917 rédigée par le ministre des affaires étrangères britanniques annonce que la Palestine peut devenir le futur Etat d’Israël.
Les guerres mondiales
La première guerre mondiale a marqué la défaite de l'empire ottoman allié à l'empire austro-hongrois. La Palestine est partagée en deux territoires, l'un contrôlé par le royaume Hachémite sous surveillance britannique en vertu des alliances durant la guerre et l'autre passe sous domination anglaise par le mandat de la société des Nations (ancêtre de l'ONU). Le royaume Hachémite se nomme Transjordanie puis royaume de Jordanie à son indépendance le 25 mai 1946.
En 1920, la Palestine compte 80 000 juifs et 600 000 arabes. Avec l’afflux des migrants juifs, les communautés s’affrontent. Des massacres ont lieu sous les yeux d’un protectorat anglais souvent passif.
De 1936 à 1939, les arabes se révoltent contre l’occupation britannique et prônent l’avènement d’un Etat palestinien souverain et indépendant. Les nationalistes palestiniens sont vaincus par l’armée anglaise. Certains dirigeants arabes se retournent alors vers l’Allemagne nazie.
A mesure des avancées militaires allemandes en Europe, l’immigration des juifs en Palestine (l’Alya) est croissante. A l'issue de la seconde guerre mondiale, le génocide juif (6 millions de personnes exterminés dans les camps nazis) provoque un exil massif en Palestine. En 1948, la Palestine compte 600 000 juifs et 1 300 000 arabes.
La création de l’Etat d’Israël
En février 1947, le gouvernement britannique remet le mandat qu'il détenait depuis 1920 sur la Palestine aux Nations unies.
Les Etats arabes du Proche-Orient obtiennent leur indépendance et L'ONU prévoit un plan de partage pour la Palestine : un Etat juif (55% du territoire), un Etat arabe, ainsi qu’un statut international pour Jérusalem. Accepté par les sionistes, ce plan est refusé par les Arabes de Palestine et leurs alliés.
Le 29 novembre 1947, l'Assemblée générale des Nations unies adopte la résolution 181 qui prévoit le partage de la Palestine en un État juif et un État arabe.
L'ensemble des pays arabes qui militent pour la constitution d'un État arabe sur toute la Palestine rejette la résolution. La guerre civile éclate entre les communautés palestiniennes juive et arabe.
En avril 1848, les forces juives l’emportent sur les arabes palestiniens.
Le 14 mai, dernier jour du mandat britannique, l'indépendance de l'État d'Israël est proclamée en tant « qu'État juif dans le pays d'Israël ». Le lendemain 15 mai, les États arabes voisins, opposés au partage, interviennent. Ils ont des objectifs différents et combattent leur adversaire de manière désorganisée et désunie. Les forces israéliennes vainquent militairement sur tous les fronts. La ligne d'armistice partage Jérusalem, laissant la vieille ville du côté arabe.
Les juifs ont proclamé l’Etat d’Israël sur la partie ouest de la Palestine, rapidement reconnu par les Etats-Unis et par l’URSS. La partie est (la Cisjordanie) est occupée par les arabes palestiniens.
En gagnant la guerre de 1948, Israël conquiert 26 % de territoires supplémentaires par rapport au plan de partage et prend le contrôle de 81 % de la Palestine de 1947. La guerre s'accompagne de bouleversements démographiques.
Entre novembre 1947 et juillet 1949, environ 720 000 Arabes de Palestine fuient ou sont expulsés des territoires qui formeront Israël et dans les 20 années qui suivront, en parallèle avec les tensions du conflit israélo-arabe, l'essentiel des membres de la communauté juive du monde arabo-islamique, soit plus de 850 000 personnes fuient de ces pays, devant souvent abandonner tous leurs biens.
Le 7 janvier 1949, un ultime cessez-le-feu est imposé avec succès sous la pression conjointe des Britanniques et des Américains. Le 24 février 1949, Israéliens et Égyptiens signent à Rhodes, sous l'égide de l'ONU, un accord d'armistice et des armistices seront signés avec les autres protagonistes les mois suivants.
Les conflits avec les pays arabes
Les pays arabes limitrophes (la Syrie, l’Irak, la Transjordanie et l’Egypte) ne l'acceptent pas et entrent en guerre contre l'Etat d'Israël. Ils sont vaincus.
Israël repousse ses frontières, la Cisjordanie est annexée par la Jordanie en 1950 et la bande de Gaza est contrôlée par l’Egypte. Les palestiniens sont contraints de s'exiler dans les pays arabes voisins, c'est le début de la diaspora palestinienne.
En 1967, le chef d’Etat égyptien, Nasser menace Israël qui une guerre préventive (guerre des 6 jours). L’armée israélienne prend la bande de Gaza, une partie du Sinaï et de nouveaux territoires à Jérusalem. L'ONU demande à Israël de se retirer.
6 ans plus tard en 1973, en plein ramadan, et pendant la fête juive du Kippour, Israël subit par surprise une attaque égypto-syrienne. C’est la guerre du Kippour. Israël est sur le point de perdre la guerre mais l'ONU impose un cessez le feu après que les russes et les américains aient menacé d'entrer dans le conflit. C'est aussi le premier choc pétrolier. En quelques semaines, le prix du pétrole est multiplié par quatre. L’économie mondiale est bouleversée.
Des négociations ont lieu. L'Egypte et Israël signent un traité de paix, ce sont les accords de camp David. Les palestiniens se sentent trahis. Les premiers mouvements terroristes palestiniens naissent comme l'OLP (organisation de libération de la Palestine) dirigé par Arafat. C’est la période de conflits Israël contre l'OLP qui durera entre 1967 et 1993. Avec comme pic, la prise d'otages de sportifs juifs aux jeux olympiques de Munich en 1972.
Les tentatives de paix
A partir de 1993, c'est le processus de paix d'Oslo. Le 23 septembre 1993, les accords d'Oslo sont signés entre Arafat et le 1er ministre israélien Yitzhak Rabin sous la pression de Bill Clinton. L'OLP reconnait l'Etat d'Israël et Israël reconnait l'OLP comme l'autorité officielle palestinienne. La Jordanie reconnait l'Etat d'Israël en 1994.
Malheureusement, chacune des parties ne respecte pas ses engagements. Des courants extrémistes de chaque bord sèment le trouble par des actes terroristes. Le premier ministre israélien Yitzhak Rabin est assassiné par un extrémiste juif en 1995. Il s'ensuit une vague d'attentats contre els juifs et des représailles sanglantes contre les palestiniens. Au sommet de camp David II en juillet 2000, ce fut la dernière tentative de parvenir à la paix sous l'influence toujours de Bill Clinton.
Malheureusement, ce fut encore un échec, le courant rival palestinien de l'OLP, le Hamas revendique plusieurs attentats suicides et s'impose en remportant plusieurs élections. le Hamas représente une branche politique palestinienne proche des frères musulmans égyptiens, donc très religieux alors que l'OLP est de tendance plus laïque.
Depuis, Israël poursuit ses colonisations sur des territoires majoritairement palestiniens et édifie un mur séparant les communautés pour empêcher les attentats suicides.
On est dans une période de conflit latent.