Après la défaite de 1870, la France se reconstruit. Dans les cendres de l’effondrement de l’empire, la France se cherche entre le retour vers l’ancien régime ou le renouveau républicain.
Cette période qui débute est fortement marquée par des progrès sociaux devenus nécessaires dans un contexte européen d’antisémitisme profond.

L’autorité de l’Eglise est effritée par un concept qui s’impose sous la 3ème République, la Laïcité.
Les Etats-Unis commencent à exploiter les énormes richesses de leur pays. La conquête de l’ouest attire de nombreux migrants. De nombreux européens mais aussi des Chinois et des Russes émigrent dans le nouveau monde. Ils construisent la ligne de chemin de fer qui relie le Pacifique à l’Atlantique. Une nouvelle grande puissance prend naissance.
Les Pays européens se disputent les colonies. Des tensions apparaissent. La France veut sa revanche sur l’Allemagne, la guerre est proche.
La fin définitive de l’ancien régime
Née après la défaite de Sedan, la IIIème république est dirigée par Adolphe Thiers proclamé Président de la République et du Conseil. Les monarchistes sont encore très puissants dans les Assemblées. Les républicains luttent contre les monarchistes pour prendre le pouvoir. Ces derniers auraient pu y parvenir si le comte de Chambord dernier des Bourbons accepta le drapeau tricolore. Cet emblème est pour lui le symbole d’une monarchie décapitée sous la révolution.
En attendant qu’il accepte le général Mac Mahon est élu président de la république le 24 mai 1873 pour un septennat. Il instaure l’ordre moral et fait construire le sacré cœur en mémoire aux victimes des communards. Le comte d’Artois ou de Chambord refuse toujours le drapeau tricolore. Il en est fini de la restauration monarchique. Les monarchistes ont raté l’occasion, ils ne reviendront jamais au pouvoir, le comte de Chambord n’a pas d’héritier et les orléanistes accepteront la république.
L’insurrection manquée du général Boulanger
En 1879, Mac-Mahon est obligé de démissionner face à une opposition républicaine de plus en plus forte. Jules Grévy lui succède au sein d’une majorité de modérés. C'est à l'occasion du décès de Victor Hugo, le 22 mai 1885, qu'il décide de rendre au Panthéon de Paris le statut de temple républicain.
Sous la pression du scandale des décorations (son gendre est accusé de commercialiser l’obtention de la légion d’honneur) et d’une crise économique, le Gouvernement tombe en 1887.

Le climat politique est nauséabond. Le Général Boulanger prend la tête d’une coalition de conservateurs, de radicaux, de monarchistes et de nationalistes au sein du parti « des insatisfaits ». Il menace la République mais une victoire électorale en 1889 en faveur des Républicains ôte tout espoir à Boulanger d’instaurer un régime autocratique même si ces partisans auraient souhaité s’imposer par la force. La société se politise durement avec l’affaire du Panama et l’affaire Dreyfus.
Entre laïcité et nationalisme
Le ressenti de la défaite des français face aux prussiens est encore prégnant à la fin du 19ème siècle. Le nationalisme de la 3ème république se traduit par l’institutionnalisation du défilé militaire du 14 juillet, la reconnaissance de la marseillaise comme hymne et le visage de Marianne comme symbole de la République. Les historiens contemporains s’en donnent à cœur joie pour exalter les grands personnages de l’histoire comme Jeanne d’arc ou Vercingétorix. En 1901, l’Etat fait voter la loi sur la liberté d’association puis en 1905 la séparation de l’Eglise et de l’Etat, acceptant ainsi toutes les croyances et maintenant la religion à l’espace privé. Les idées anticléricales et la prééminence de l’Eglise dans la sphère sociale s’affrontent parfois violemment, la révolution française a laissé à tout jamais ses idéaux. Pourtant, la laïcité reste à cette époque limitée à la France, la reine d’Angleterre reste la chef de l’église anglicane et tous les autres pays frontaliers, la population paie des impôts religieux.
Après la première révolution industrielle dominée par l’Angleterre avec l’exploitation du charbon, de l’acier et le développement du chemin de fer, la seconde commence avec le déploiement de lignes électriques, l’exploitation du pétrole. Le moteur à explosion inventé en 1883 permet à l’automobile et à l’aviation d’exploser. La France et les Etats unis sont les pays phares de cette seconde révolution industrielle. En 1889, la France pour fêter les cent ans de la révolution organise l’exposition universelle pendant laquelle est érigée la tour d’Eiffel. Le capitalisme économique est roi. On franchit les frontières sans passeport, Jules Verne finit d’écrire ses œuvres. Paris devient le centre culturel du monde avec les plus grands peintres installés entre Montparnasse et Montmartre : Manet, Lautrec, Van Gogh, Picasso, Cézanne. Les grands poètes comme Rimbaud, Verlaine, Apollinaire illustrent les lettres françaises après leurs ainés du second empire Baudelaire et Flaubert. Victor Hugo meurt en 1885, son enterrement rassemble une foule immense.
De gauche à droite: Adolphe Thiers, Patrice de Mac Mahon, Jules Grévy, Sadi Carnot, Jean Casimir Perier, Felix Faure, Émile Loubet, Raymond Pointcaré, Armand Fallières.
Durant la belle époque, la France rayonne culturellement en Europe malgré une misère ouvrière commune à tous les pays. L’Europe est en paix et pour autant, des rivalités coloniales, des revendications nationalistes et indépendantistes, des envies de revanche, tous ces facteurs vont exacerber les tensions et entrainés les pays vers la première guerre mondiale.
Le terrorisme anarchiste
Pendant ce temps, c'est la mort en 1876 du russe Mikhaïl Bakounine, fondateur du socialisme libertaire et de l’anarchie. Le courant anarchiste est très violent à la fin de ce siècle. Les anarchistes commettent de nombreux attentats comme le tsar Alexandre II en 1881, le président français Sadi Carnot en 1894, Elisabeth de Bavière impératrice d’Autriche nommé « sissi » en 1898, le roi d’Italie Humbert 1er en 1900. En France, Ravachol est une figure du terrorisme de l’anarchie avec ses nombreux attentats, il est guillotiné en 1892.
L’affaire Dreyfus
Mac Mahon a démissionné, le pouvoir se partage entre le Président du Conseil et l’Assemblée nationale. Le Président de la République n’a plus qu’un rôle honorifique. Alors que le pouvoir se gauchise légèrement, l’école laïque obligatoire en 1881 jusqu’à 14 ans (première mondiale), la création de syndicats,…certains citoyens préfèrent un plus autoritaire, bonapartiste. Le Général boulanger incarne ce retour. Vainqueur des élections en 1889, il abandonne son projet de marcher sur l’Elysée. Il prit peur, s’enfuit en Belgique où il se suicide en 1891.
En 1894, un colonel juif nommé Dreyfus est condamné au bagne de Cayenne accusé d’avoir livré des secrets militaires aux allemands. En novembre 1897, le scandale éclate, Dreyfus n’est pas le vrai coupable, c’est un certain officier Esterhazy. L’affaire est mise à jour par le nouveau chef de service des renseignements militaires, le lieutenant colonel Picquart.
L’Etat major refuse de se déjuger et limoge Picquart. Pourtant Esterhazy passe en conseil de guerre mais ses juges officiers militaires l’acquittent après un conseil de guerre le 11 janvier 1898. De nombreux intellectuels réclament la libération de Dreyfus. Émile Zola écrit un article nommé « j’accuse » dans le journal L'Aurore du 13 janvier 1898 sous la forme d'une lettre ouverte au président de la République française, Félix Faure. Zola accuse le ministre de la Guerre et le chef d’Etat major de cacher la vérité. Zola est condamné pour accusation mensongère et s’exile à Londres.
L’article met au grand jour les failles de l’accusation contre Dreyfus. Le procès est révisé en 1899 et Dreyfus est rétabli dans ses droits en 1906.
Cette poussée d’antisémitisme est générale en Europe. Les premiers courants d’extrême droite naissent à cette époque dont l’une des figures de proue est Maurice Barrès, antidreyfusard et antisémite notoire. Il défend d’une manière absolue la France, son soi contre les barbares, étrangers, juifs principalement. En Russie, c’est le temps des pogroms, saccages, pillages parfois sanglants.
Théodore Herzl en arrive à l’idée de créé en Palestine un refuge pour les juifs du monde, le sionisme est né.
Zola est assassiné en 1902.
La colonisation
A la fin de ce siècle, toutes les grandes puissances veulent être présentes dans le partage du monde. L’empire britannique reste le premier empire colonial avec notamment les Indes, l’Egypte et le contrôle du canal de Suez créé par le français Ferdinand de Lesseps en 1869, le Soudan, Hong Kong, Gibraltar, Malte et Chypre. En Afrique du Sud, Les afrikaners colons hollandais installés depuis 1834 affrontent les anglais dans la guerre des Boers pour la domination du pays. Les anglais gagnent la guerre en 1902 mais au prix de larges concessions sur de vastes territoires.
La France domine le Maghreb en repoussant l’empire ottoman à l’est et les berbères vers l’ouest. Elle créé l’Algérie. En 1870, le décret Crémieux donne la nationalité française au juif d’Algérie mais n’élargit pas aux indigènes musulmans. En 1881, elle pratique le protectorat avec la Tunisie puis en 1912 avec le Maroc. Elle occupe le Sénégal depuis 1862 et le Cochinchine (Laos et Cambodge), l’Ile de Madagascar, les Antilles, la réunion. La colonisation part d’un bon sentiment. Pour les républicains, il s’agit d’apporter aux indigènes la culture, les infrastructures et l’émancipation de société tribale. Malheureusement, la colonisation repose souvent sur des massacres et une absence d’intégration des populations indigènes davantage utilisées comme main d’œuvre peu rémunérée.
En 1885 au congrès de Berlin, les européens se partagent le continent africain. Ainsi le Congo devient la propriété du roi belge Léopold II qui exploite avec sauvagerie les ressources du pays. Le parlement belge y met fin en prenant sous sa coupe le Congo.
Plus à l’est les russes fondent le port de Vladivostok puis assure leur emprise dans le Caucase : Arménie, Géorgie, Azerbaïdjan. L’Allemagne entre dans la danse après la guerre de 1870, elle annexe, le Cameroun, le Togo, la Namibie et la Tanzanie. Les portugais se maintiennent en Angola et au Mozambique. L’Italie ne parvient pas à conquérir l’Ethiopie en 1896. Elle parvient en 1913 à enlever la Lybie à la Turquie.
Les Etats sud américains sont sous influence des Etats unis. En Chine, les occidentaux profitent des ressources mais ne peuvent pas coloniser un si grand pays. Cette exploitation énerve les nationalistes chinois et l’impératrice Tseu-HI encourage la révolte des Boxers en 1900. La révolte échoue devant les corps expéditionnaires des huit nations présentes (55 jours de Pékin). L’empire Ottoman s’affaiblit, il perd peu à peu des territoires comme la Bulgarie indépendante en 1908
Le Japon reste un pays à part, fermé à l’occident, l’empereur règne, le shogun gouverne. En 1853, la flotte américaine accoste sur ses côtes. Les japonais se rendent compte du retard pris et s’inquiète de leur avenir. Le monde des samouraïs féodaux a vécu, il faut se moderniser. L’empereur Mutsuhito en 1868 proclame l’ère Meiji (despotisme éclairé) Sur 20 ans, il accueille des savants et techniciens du monde entier. L’armée japonaise devient moderne et conquérante. En 1894, elle envahit Taïwan puis en 1910 la Corée. Elle se heurte aux russes en 1905 mais finit par couler par surprise l’armada russe. L’Archipel nipponne est devenu une grande puissance.